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jeudi 20 août 2026
Le vrai danger qui menace les victimes du piratage du fisc
( de « Comment ça marche « – août 2026 )
La Direction générale des finances publiques a confirmé un vol massif de données fiscales de contribuables. Mais au-delà des risques habituels d'arnaques numériques, ce piratage expose les victimes à un danger bien plus grave..
L'affaire fait la Une des médias depuis quelques jours. Fin juin 2026, un cybercriminel opérant sous le pseudonyme ZeroBytes a réussi à s'introduire dans les systèmes internes de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) via un VPN compromis. Le hacker a ainsi pu consulter et extraire les données fiscales de quelque 680 000 contribuables français depuis le portail impots.gouv.fr (voir notre article). La DGFiP a officiellement confirmé l'intrusion le 14 août, en s'engageant à contacter individuellement les personnes concernées par mail ou par courrier. Pour les particuliers, le pirate a obtenu les noms et prénoms, le quotient familial, le revenu fiscal de référence et le taux de prélèvement à la source. Il sait donc globalement ce que les victimes gagnent. Mais aussi où elles habitent, grâce à leur adresse postale.
Les premiers dangers mis en avant par les autorités sont ceux du phishing classique. Comme il se doit, la DGFiP met en garde contre les appels et messages se présentant comme venant des impôts et invitant à communiquer des coordonnées bancaires ou des codes de connexion. Des experts recommandent également de surveiller les comptes bancaires et de consulter le fichier national des comptes bancaires Ficoba pour vérifier qu'aucun compte n'a été ouvert au nom des victimes, par usurpation d'identité. Des précautions classiques et légitimes, mais qui n'évoquent qu'une partie du problème.
Car le vrai danger, moins médiatisé, est d'une tout autre nature. Et bien plus grave. En effet, l'association d'un revenu élevé et d'une adresse précise peut intéresser des réseaux de cambriolage ou de délinquance organisée. Un fichier qui croise revenus fiscaux et adresses physiques est exactement ce dont ont besoin des criminels qui ciblent méthodiquement les foyers aisés. Des experts tels que Clément Domingo, hackeur éthique et spécialiste en cybercriminalité, et Jonathan Spedale, fondateur de l'entreprise de lutte contre les fraudes Cyber Moustache, craignent en effet que des criminels se servent des données qui ont été dérobées pour cibler et agresser des personnes fortunées,.
Ce scénario n'est pas une simple crainte théorique. Ces dernières années, plusieurs affaires criminelles en France ont suivi exactement ce schéma. Des pirates ayant accédé aux fichiers de plateformes de cryptomonnaies ont revendu les données à des réseaux criminels, qui ont organisé des cambriolages et des séquestrations ciblées contre des détenteurs de portefeuilles numériques identifiés, dans conditions parfois très violentes avec des prises d'otages. Des clubs de tir ont également été victimes de piratages, dont les fichiers ont ensuite servi à localiser des propriétaires d'armes légales avec des vols organisés à la clé. La logique est identique : une base de données bien renseignée se transforme en carte au trésor pour malfaiteurs.
Une seconde revendication, non confirmée à ce stade, évoque en plus le vol de données cadastrales associées à des propriétaires de biens immobiliers. Si cette fuite complémentaire était avérée, elle permettrait de croiser revenus, adresses et patrimoine immobilier avec une précision inédite – une cartographie fine des ménages les plus aisés, bien au-delà de ce que permettent les sources publiques.
Face à ces risques concrets, quelques réflexes s'imposent au-delà de la vigilance numérique habituelle. Le site impots.gouv.fr n'a pas été compromis dans son accès pour les usagers : inutile de changer votre mot de passe en urgence. Le risque réel est ailleurs.
Si vous figurez parmi les contribuables concernés et si votre revenu fiscal de référence est élevé, signalez-le à votre assureur habitation pour renforcer votre contrat. Vérifiez que les accès à votre logement (serrures, portes, fenêtres…) sont sécurisés et éventuellement que votre système d'alarme est bien fonctionnel. Soyez aussi très attentif aux allées et venues inhabituelles ‑ elles peuvent indiquer un repérage – et méfiez(vous des inconnus qui se présentent à votre domicile, surtout s'ils semblent connaître des détails sur votre situation financière. Sans tomber dans la paranoïa, la prudence doit être la règle, pour vos biens comme pour vos proches.
samedi 15 août 2026
Voici les dix outils IA les plus visités jusqu’à juillet 2026
1. ChatGPT, 64,7 milliards de visites (+69,80 %)
2. Canva, 10,5 milliards (+15,54 %)
3. Gemini, 6,9 milliards (+450,33 %)
4. Google Translate, 4,8 milliards (-23,46 %)
5. DeepSeek, 3,8 milliards (+129,10 %)
6. Claude, 3,4 milliards (+250,07 %)
7. Grok, 2,5 milliards (+731,26 %)
8. Perplexity, 2,3 milliards (+98,38 %)
9. Magnific (Freepik), 1,8 milliard (-7,77 %)
10. Character AI, 1,7 milliard (-6,47 %)
Autre enseignement, aucun outil français ne figure dans le top 100. Notre dernière enquête, menée auprès de 807 professionnels du digital, la plupart en France, plaçait Vibe (ex-Le Chat) à 11,8 % d’utilisateurs sur la génération de texte.
dimanche 2 août 2026
Nouvelle cyberattaque contre l'Education Nationale :des données personnelles ont été volées, c'est la 3ème fois en 2026
Le ministère de l’Éducation nationale a encore été piraté. Des données d’identité et professionnelles d’agents ont été siphonnées à la suite de l’usurpation d’un compte. Il s’agit du troisième piratage visant l’institution en six mois.
Ce vendredi 31 juillet 2026, le ministère de l’Éducation nationale a annoncé qu’une nouvelle « intrusion frauduleuse » avait été détectée par ses systèmes. L’attaque est survenue dans la nuit du 25 juillet 2026. Selon le communiqué, l’accès frauduleux résulte de l’usurpation d’un compte d’un professionnel. Avec les identifiants de ce compte, l’attaquant a pu pénétrer dans le système d’information dédié à la formation des personnels.
Quelles données ont été volées ?
Le pirate, dont l’identité est inconnue, est alors parvenu à accéder et à exfiltrer des données relatives aux « agents du ministère ayant exercé en académie depuis 2001 ». Parmi les informations compromises, on trouve surtout des « éléments d’identité et d’informations professionnelles », comme des statuts et des fonctions.
Pour une partie d’entre eux, « s’y ajoutent des coordonnées, adresse postale et numéro de téléphone, ainsi que le numéro de sécurité sociale », admet le ministère de l’Éducation nationale. La fuite ouvre la porte à des arnaques ciblées et à des attaques phishing contre les agents du ministère. C’est pourquoi le communiqué demande à « chacun la plus grande vigilance face aux tentatives de fraude qui peuvent suivre ce type d’incident, en particulier l’hameçonnage et l’usurpation d’identité ». Le ministère précise que le système compromis ne contient ni données bancaires ni mots de passe. De plus, il ne contient pas non plus de données relatives aux élèves.
Un troisième hack en six mois
Le ministère n’a pas été en mesure de déterminer le nombre exact d’agents concernés. Un porte-parole a même confirmé qu’il n’existait pas encore de « volumétrie » précise à ce stade des investigations. Par contre, il confirme que des enseignants figurent parmi les personnes potentiellement touchées. Sans surprise, « les personnes susceptibles d’être concernées seront informées dans les meilleurs délais ». Conformément à ses obligations légales, le ministère a « déposé plainte et saisi l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), ainsi que la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) ».
C’est déjà la troisième cyberattaque contre le ministère depuis le début de l’année 2026. En mars, l’institution avait déjà révélé le vol des données de 243 000 agents, stagiaires ou titulaires, essentiellement des enseignants, via le système Compas dédié à la gestion des stagiaires. Un mois plus tard, un vol de données des élèves avait été constaté par le ministère, affectant des millions de jeunes.


